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Lamando volkswagen : la berline méconnue du constructeur, entre marché chinois et rêves d’importation

Lamando volkswagen : la berline méconnue du constructeur, entre marché chinois et rêves d’importation

Lamando volkswagen : la berline méconnue du constructeur, entre marché chinois et rêves d’importation

Lamando : la Volkswagen dont vous n’avez (sans doute) jamais entendu parler

Vous pensez connaître la gamme Volkswagen sur le bout des doigts : Polo, Golf, Passat, Tiguan… Et pourtant, il existe une berline VW moderne, bien motorisée, bien équipée, qui n’est pas vendue en Europe et dont le nom ne vous dira probablement rien : la Lamando.

Pourquoi Volkswagen réserve-t-il cette berline au marché chinois ? À quoi ressemble-t-elle vraiment en usage quotidien ? Et surtout : est-ce que ça vaut le coup de rêver à une importation en France ? On va décortiquer tout ça, avec un œil très concret : budget, usage, contraintes réglementaires.

Lamando, c’est quoi exactement ?

La Lamando, c’est une berline compacte tricorps conçue par Volkswagen pour la Chine, produite par la coentreprise SAIC Volkswagen. En gros, c’est ce que serait une « Golf berline coupé » si VW l’avait développée pour l’Europe.

Sur le plan technique, la première génération était très proche d’une Golf 7 rallongée, avec coffre séparé. La nouvelle Lamando L (présentée en 2022) repose sur la plateforme MQB Evo, la même base que les dernières Golf, Skoda Octavia ou Audi A3.

Quelques repères pour la Lamando L (chiffres approximatifs selon versions) :

Sur le papier, on est donc sur une berline familiale compacte, tenue de route typée VW, technologie connue, dimensions parfaitement adaptées à un usage quotidien en France : trajets domicile-travail, week-ends, départs en vacances à quatre avec les bagages.

Pourquoi Volkswagen l’a créée… mais pas pour nous

Pour comprendre la Lamando, il faut comprendre le marché chinois. Là-bas, la berline tricorps reste la voiture statutaire par excellence. Même pour des segments où, en Europe, on serait déjà passé au SUV ou au break.

Volkswagen a donc développé des modèles spécifiques pour ce marché :

En clair : la Lamando comble une case très précise dans la grille tarifaire chinoise, en ciblant des clients jeunes cadres urbains qui veulent :

En Europe, cette case est déjà occupée par un mélange de Golf, Octavia, Passat et Arteon. Rajouter une Lamando viendrait surtout cannibaliser des modèles existants. Pas très intéressant pour Volkswagen.

À quoi ressemble la Lamando au quotidien ?

Intéressons-nous à l’usage, pas juste à la fiche technique. Imaginons un profil type en France : couple avec un enfant, 20 000 km par an, 30 km de trajet domicile-travail par jour, plus quelques grands départs sur autoroute.

Avec son 1.4 TSI de 150 ch et sa boîte DSG, la Lamando tiendrait largement la route :

Côté consommation réelle, en se basant sur des modèles comparables (Golf / Octavia 1.5 TSI) :

Des chiffres loin des homologations WLTP optimistes, mais tout à fait classiques pour une berline essence de 150 ch. Autrement dit : rien de révolutionnaire, mais rien de catastrophique.

Technologie et aide à la conduite : pas en retard, mais pas en avance

Sur la dernière Lamando L, l’habitacle est dans la lignée des Volkswagen récentes vendues chez nous :

Les aides à la conduite proposées en Chine sont globalement au niveau de ce qu’on connaît ici :

Dans les faits, en circulation quotidienne en Île-de-France ou autour de Lyon, la Lamando offrirait donc un niveau d’assistance similaire à une Golf récente. De quoi réduire la fatigue sur autoroute ou dans les bouchons, sans pour autant rivaliser avec les meilleures aides semi-autonomes du marché (certaines Tesla, Hyundai/Kia, Mercedes).

Le vrai point d’interrogation, c’est la calibration de ces aides pour le marché chinois : alerte sonore différente, distances de sécurité paramétrées selon les normes locales, affichages en chinois sur certains menus… Rien d’insurmontable, mais à garder en tête si on rêve de ramener l’auto en France.

Pourquoi on la voit circuler… sur YouTube, mais pas chez nous

Si vous suivez des chaînes auto chinoises ou des vlogs automobiles sur les réseaux, vous avez peut-être déjà aperçu la Lamando, notamment dans ses versions plus sportives (R-Line, finitions plus agressives, jantes plus grandes). Elle a une vraie présence visuelle, surtout la Lamando L avec son profil très étiré, presque façon « mini Arteon ».

Vue d’Europe, on a vite l’impression de passer à côté d’un super plan. Mais côté constructeur, le calcul est beaucoup plus terre-à-terre :

Pour Volkswagen, le risque serait de vendre quelques Lamando… en baissant les ventes de Golf, Octavia et Passat. Autant dire : aucun intérêt.

Et si je voulais vraiment en importer une en France ?

C’est la question que beaucoup de passionnés se posent : est-ce qu’on peut, en théorie, importer une Lamando depuis la Chine et rouler légalement avec en France ? Réponse courte : c’est possible, mais compliqué, long et rarement rentable.

Pour schématiser, il faut prévoir :

Résultat : entre le prix de l’auto en Chine, le transport, la fiscalité et l’homologation, on peut assez facilement se retrouver avec une facture qui approche (ou dépasse) les 40 000 €, pour une berline essence 150 ch… alors qu’une Skoda Octavia bien équipée, vendue officiellement en France, offrira un usage très proche pour moins cher, avec un réseau après-vente.

Le vrai risque : l’entretien et la revente

Admettons que vous soyez passionné, que vous ayez les moyens, et que vous vous lanciez quand même dans l’aventure. Deux points clés à anticiper très sérieusement :

1. L’entretien et les pièces

Sur le papier, la Lamando utilise des éléments connus (plateforme MQB, moteur 1.4 TSI proche des blocs européens). Mais dans le détail, il y aura forcément :

Pour un garage Volkswagen français, ça signifie :

2. La revente

Autant être clair : une Lamando importée en France reste un produit totalement atypique. Pour un acheteur lambda, cela veut dire :

La décote risque donc d’être brutale, surtout si vous devez vendre rapidement (changement de situation professionnelle, déménagement, etc.). L’importation devient alors un choix purement passion, à assumer financièrement du début à la fin.

À quels modèles européens ressemble vraiment la Lamando ?

Pour se rendre compte de ce que l’on « rate » ou non en Europe, le plus simple est d’aligner quelques modèles équivalents en usage.

En résumé : la Lamando n’apporterait rien de révolutionnaire au marché français. Elle se placerait entre une Octavia bien équipée et une Arteon d’entrée de gamme, avec une identité propre, certes, mais sans combler un « vide » réel.

Pourquoi la Lamando fascine quand même certains passionnés

Si l’on met de côté la rationalité pure, la Lamando coche quelques cases qui parlent aux amateurs d’automobile :

Sur les forums et les réseaux, la Lamando revient souvent dans les discussions du type : « Pourquoi on n’a plus de belles berlines abordables chez nous ? ». C’est une façon de matérialiser une certaine nostalgie : celle des grandes berlines familiales accessibles, à l’époque où le break et la tricorps dominaient encore le paysage.

Une voiture intéressante… mais surtout sur le papier

Si on résume, en restant très terre-à-terre :

En d’autres termes, la Lamando est une curiosité très intéressante à analyser, un bon révélateur de la stratégie mondiale de Volkswagen et des différences de goûts entre continents. Mais pour l’automobiliste français qui cherche une berline compacte fiable, confortable et rationnelle, mieux vaut regarder ce qu’on a déjà chez nous : Octavia, Corolla Sedan, Mazda 3, ou même les dernières offres hybrides et électriques qui, elles, sont pensées pour notre marché… et pleinement assumées par les réseaux de distribution.

Geoffrey

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